07 juillet 2009
Plus qu'une grande montée...
... et nous serons à Saint Héand. Mais il va bien nous falloir 2-3 heures pour monter de Genilac à Saint Christo avec notre charge. Heureusement, ce matin la météo semble plus fraiche.
Nous sommes partis de Genève mardi dernier après 3 jours de repos chez Nathalie, Jean-Rémy, Louis et Amélie. Après ces retrouvailles familiales qui sentaient bon les vacances, personne n'avait le courage de repartir. La motivation n'était pas au rendez-vous et les premiers coups de pédale furent lourds. Heureusement, l'itinéraire cyclable "Du Léman à la mer", en cours de construction, nous a offert de sublimes passages qui ont redonné un coup de boost à tous.
Le mercredi soir, au terme d'une terrible ascension dans les cailloux puis sur du goudron frais, nous avons atteint le chalet de Patrick, Martine, Lison et Tom. Un chalet à l'image de ses occupants : pas grand mais avec des couchages partout pour accueillir les amis de passage. Nous nous sommes immédiatement sentis sur la même longueur d'onde, comme des amis de longue date. Patrick et Martine sont des voyageurs dans l'âme et dans les faits depuis toujours. Ils ont entraîné Tom et Lison dans leur sillage, à dos de tandem, pour un périple de 6 mois en Océanie puis à maintes autres reprises. Toujours sur la même longueur d'onde, Patrick bricole les vélos et s'est fabriqué un vélo couché simple et léger sur la base d'un vélo de 24 pouces et de batons de ski pour le fauteuil (légers et solides). Notre passage chez eux fut trop bref tant nous aurions eu de choses à nous raconter. Il faudra remettre ça...
Patrick nous a accompagnés sur quelques kilomètres quand nous sommes repartis le jeudi matin. 2 tandems, une remorque, un vélo couché : drôle d'équipage. Quelques coups de pédale nous ont conduits à Chanaz où nous avons pris un bateau pour Aix les Bains. Patrick, ayant contacté la compagnie le matin même, nous avait dégoté ce plan d'un bateau qui rentrait à vide, ayant déposé sa cargaison de touristes à Chanaz, "la petite Venise du Rhône". Pas de souci pour monter les vélos sur un bateau entièrement pour nous. Nous sommes allés rendre visite aux Mercat au Bourget du Lac, mais comme Nicolas ne rentrait que le soir, nous avons profité de l'ombre, de l'eau et de la tranquilité d'une plage d'Aix les Bains toute la journée.
Nous sommes arrivés au même moment que Nicolas, mais Alexis nous avait préparé un délicieux repas et nous n'avons eu qu'à mettre les pieds sous la table. Antoine, Arthur et Sébastien, vous nous ferez ça dans quelques années? Comme vous voudrez! Voyages à vélo, alternatives à la voiture individuelle. Les points communs sont nombreux encore une fois et les discussions se prolongent tard dans la soirée.
Le retour côté Rhône fut plus difficile avec le franchissement du Col du Chat, le tunnel étant interdit aux vélos. Les Mercat nous l'avaient décrit comme facile, mais il ne faut pas écouter les sportifs de haut niveau! Nous avons eu droit à une bonne suée pour franchir cette insignifiante bosse, malgré tout couverte d'inscriptions à l'intention des gloires locales des courses cyclistes ou pédestre régionales. Mais il est vrai que les points de vue y sont sublimes. La descente sur Yenne fut une formalité bien vite avalée. Nous avons retrouvé Frédéric, Anne, Soline, Adrien et Matthieu et fait la connaissance des parents de Anne qui nous accueillaient dans leur maison de famille. Jeux d'enfants dans la piscine, barbecue à même le sol pour rappeler le voyage, et discussions entre amis : du repos bienfaisant. Le lendemain; la maison s'est vidée de ses occupants partis en grande réunion de famille à quelques kilomètres. Nous avons attendu l'arrivée des nuages pour reprendre la route.
Pas loin de 30 kilomètre de pistes cyclables aménagées nous ont promenés le long du Rhône ou de son canal jusqu'à une aire de baignade bienvenue sous ce soleil. Les kilomètres suivants à travers les plaines du Dauphiné sous un soleil lourd furent moins agréables mais le dimanche après midi, nous avons atteint la maison de Dominique et Thomas à Communay. Arrivés presque à l'improviste (ils n'avaient pas eu notre message de la veille), nous avons été accueillis, une fois de plus, comme des amis. La veille au soir, ils avaient organisé dans leur jardin le "Bio bal", une soirée très festive et écologique où se sont produits de nombreux musiciens et autres artistes. Couchés à 7 heures du matin, en plein rangement, ils nous ont encouragés à passer : "ça nous fait plaisir".
Et effectivement, ce fut bien du plaisir que nous avons partagé avec eux, Wounjy et Vijaya (excusez l'orthographe), leurs enfants, et Fabrice et Jennifer, des amis artistes peintres qui réalisent leurs oeuvres en couple : exceptionnel. Textures recherchées, superpositions de couches, explosions de couleurs. Un travail grandiose fruit de la complicité de ces deux amoureux de la vie et de la nature. Superbe!
Une fois de plus, nous nous sommes sentis vraiment accueillis, par des personnes aux afinités très proches des nôtres : vélo, écologie et convivialité. Thomas et Dominique ont découvert le tandem grâce à leur fille Vijaya, qui est non-voyante, et comme presque tout ceux qui ont essayé ce fabuleux engin, ils en sont tombés amoureux. Un voyage jusqu'en Corse en famille fut l'une des plus belles expériences sur deux roues qu'ils aient vécu. Le départ de leur maison ne fut pas difficile, convaincus que nous sommes de nous revoir...
Le trajet d'hier jusqu'à Genilac fut une formalité. Nous nous sommes toutefois trompés de route dans Rive de Gier. Quelques minutes de pause pour manger un peu. Une voiture s'arrête, un homme en descend. "Vous êtes français? Je suis aussi un voyageur à vélo." Michel a commencé le voyage à vélo en 2002, en partant seul de Dargoire à Bamako. Enfin pas tout à fait seul, son vélo (Bamako) lui a tenu compagnie tout au long de ce périple de 3 mois. Michel veut nous inviter mais nous avons prévenu Gilles et Christine de notre passage. Nous prenons ses coordonnées et filons à Genilac. Gilles et Christine sont au travail, Pierre-Jean est parti. Nous griffonons un petit mot et passons un coup de fil à Michel qui vient nous chercher. Chez lui nous rencontrons son épouse, Sylvie. De retour de Bamako, Michel lui a transmis le virus du voyage à vélo et depuis ils parcourent chaque année pendant un mois un pays du monde. Décidément, on est loin d'être seuls! Sylvie et Michel font partager leurs expériences par des diaporamas qu'ils présentent dans les environs. Le site de Michel : http://bamako.fr.fm/
En fin d'après midi, nous avons retrouvé Gilles, Christine et Pierre-Jean. Premières retrouvailles côté Thomas, mais comme ils nous l'ont dit : "On n'a jamais eu autant de nouvelles de vous." Les tandems ont pris place dans le garage à côté de la moto : presque le même poids, quelques chevaux en moins!
Gilles et Christine ont repris trop tôt le chemin du travail. Pierre-Jean puis Antoine viennent de se lever, Arthur et Sébastien dorment encore. Dans quelques instants, le dernier gros morceau nous attend : Chagnon, Cellieu, Valfleury, Saint Christo. Au Pinron, il ne restera que 5 km de douce descente pour atteindre Saint Héand.
Ensuite? Quelques jours de retrouvailles en famille puis nous monterons tous en Alsace a priori en train. Nous y passerons quelques jours pour rendre visite aux amis, à commencer par Jean, Nancy, Thélo, Raphaël et Lucia qui ont hébergé pendant tout ce temps nos meubles, notre fourgon et notre courrier. Nous réglerons quelques inévitables formalités que le courrier accumulé ne manquera pas de nous imposer et repartirons en fourgon, en quête de notre future installation. Car si l'aventure cycliste touche à sa fin, l'aventure "tout court" n'est pas terminée, elle.
Nous vous embrassons tous très fort et à bientôt.
29 juin 2009
Les photos de Galice et des Asturies
On vous a mis beaucoup de texte ces derniers temps alors voici les illustrations...
Avec Irene, Pedro, Olmo et Roque, juste devant leur maison de Cangas
Avec Jacky,l'insatiable pélerin de Brunstatt.
Le Camino portuguese entre Pontevedra et Santiago : de beaux chemins à parcourir sous le soleil (rare), sous une pluie battante, par des champions de tout âge...
Les sempiternels greniers à céréales et les vignes à la méthode galicienne : suspendues en tonnelles sur des piliers en granit. Au sol d'autres plantations. Etonnant!
Avec Luigi, ex millionnaire italien devenu pélerin depuis 15 ans, et Pilar, qui l'accompagne depuis 5 ans.
Santiago de Compostella : la photo traditionnelle devant la cathédrale. Il y a du solel mais la tenue vestimentaire ne trompe pas..
Avec Bernard et Valeria sur le Camino Frances. Chantal, voyageuse solitaire à vélo de Vaison la Romaine, prend la photo. Comment ne pas mouiller la tente...
Les plages sublimes des Asturies. La marée a du, depuis, emporter la belle construction des bâtisseurs en herbe...
Sonneurs de cornemuse à la fête de la San Juan de San Juan de la Arena.
Le bouquet final : chez Juan et Sole. Un coeur grand comme ca...
27 juin 2009
Le bouquet final...
... espagnol puisqu'il reste quelques kilomètres à parcourir en France ainsi qu'une poignée en Suisse.
Marrant dans le quartier des Eaux Vives à Genève où nous sommes depuis quelques heures, d'entendre parler espagnol!!! La communauté espagnole est importante et à côté de l'aire de jeux du Parc Lagrange, on entendait des "Venga pronto" ou "Cuidado, hay un ninito". Si l'on ajoute que les paysages des Asturies sont presque Suisses, le dépaysement est assez minime. Mais il va falloir quand même se réhabituer à dire "Bonjour", le "Ola, buenas" passe mal...
Les derniers jours dans les Asturies furent un véritable bouquet final. Sergio, le gardien de la bibliothèque depuis laquelle nous avons posté le dernier message est tombé amoureux de notre équipée et a été aux petits soins pour nous. Nous avons pu utiliser internet sans modération, prendre une douche; il a contacté la police locale pour nous trouver un endroit tranquille pour la nuit ; les enfants sont repartis avec une pleine caisse de boissons rafraichissantes et nous avec un CD de son groupe de musique celtique. Quel contraste après tant de refus de simplement planter une tente à proximité des maisons... Sur son conseil, nous sommes allés à San Juan de la Arena pour les fêtes... ...de la San Juan, évidemment.
En chemin, nous avons croisé Francois, un cyclotouriste de la Rochelle de 73 ans qui rentrait chez lui, après 3500 km parcourus en 35 jours (la moyenne journalière est vite calculée...) sur un vélo bien chargé. Les jambes et la tête ont encore 20 ans. Chapeau.
Le 24 juin, (pourtant jour de la Saint Jean), les animations étaient limitées à San Juan de la Arena. Nous avons tout de même pu assister à des concerts de rue de musique celtique (le nombre de sonneurs de cornemuse ramené au nombre d'habitants est très supérieur, parait il à celui de la Bretagne) ainsi qu'à un concert le soir (le déploiement de la scène mobile a captivé les garcons). La police locale nous a autorisé à planter la tente près du cimetière pour la nuit, mais nous avons quand même eu droit à deux visites de la guardia civil avec contrôle des passeports. Ambiance... Le tourisme est ici une manne et le camping libre est plus ou moins apprécié. Mais avec quelques explications tout se passe bien. Notre situation n'est pas celle de tout le monde non plus.
Mais le vrai bouquet final restait à venir. Depuis Cangas, au moment de prendre notre billet d'avion, nous avions contacté un globe trotter d'Oviedo pour lui demander de l'aide pour la préparation du trajet en avion. Nous ne savions pas qu'Alvaro, un avocat parti pour 10 ans autour du monde avec un spectacle de clown dans ses bagages (http://www.biciclown.com/), était alors en Malaisie. Le contact aurait pu s'arrêter là ; mais non. Juan et Sole, un couple d'amis venus lui rendre visite en Malaisie à ce moment, ont accepté sur le champ de nous accueillir lors de notre passage. Un autre ami, Fran, qui possédait un important magasin de cycles à Oviedo (actuellement tenu par son fils http://www.telecable.es/personales/ciclosfran/) se chargerait des cartons.
Nous ne savions pas à quoi nous attendre et à notre arrivée, après 60 km d'une route difficile avec de nombreuses côtes, un orage (à noter la brillante performance d'Antoine et Arthur qui se sont succédés au guidon du petit vélo sans faiblir), une fringale, c'est un accueil princier que nous avons reçu. Nous demandions juste une possibilité de planter la tente et de l'aide pour aller à la station de bus. Nous avons été choyés comme des amis de 30 ans. Quand j'ai demandé à Juan s'il ne fermait pas la porte du garage en partant, il m'a répondu : "Aqui las puertas no se cierran, como el corrazon" ou "Ici, les portes restent ouvertes comme le coeur". Et le lendemain, il a refusé de nous conduire à la station de bus. Fran et lui nous ont conduit directement à l'aeroport, distant de 50 km.
Le bouquet final, le meilleur pour la fin... Et un contraste fabuleux : des paysages magnifiques, un temps de cochon, des côtes raides, des gens qui ferment la porte de leur pré, d'autres qui ouvrent en grand celle de leur coeur. Nous avons eu droit à tout celà en Galice et dans les Asturies avec Juan, Sole, Fran, Sergio, Iago, Irene, Pedro, Tito, Luigi, Pilar mais aussi tous ceux qui nous ont laissés sous la pluie, nous permettant d'apprécier à sa juste valeur le cadeau des autres.
4 mois pour parcourir 2500 km, 2 heures pour en parcourir 1500 de plus. Contraste, encore... Nathalie et Jean-Rémy nous ont accueillis à l'atterrissage. Petites retrouvailles entre cousins... Du bonheur partagé.
Dans quelques jours, nous allons quitter Genève, suivre un peu le Rhône, rencontrer la famille Mercat (voir dans les liens du blog) trop vite croisée avant notre départ, faire la connaissance de Martine, Patrick, Lison et Tom qui vont nous accueillir chez eux, puis rendre visite à nos amis Anne, Frédéric, Soline, Matthieu et Adrien qui nous accueillent à Yenne. Ensuite nous ne savons pas encore. Soit vélo jusqu'à Saint Héand, soit un saut en Alsace pour récupérer notre petit fourgon aménagé. La suite bientôt...
Bises à tous.
23 juin 2009
Les Asturies au soleil...
... c'est une chose qu'on a fini par avoir (et même le lundi!). Et franchement ça vaut le coup. On profite vraiment des derniers jours ici en pédalant peu (mais il vaut mieux car c'est terriblement valloné) de plage en plage. Et les plages sont toutes plus belles les unes que les autres. Enchassées dans des écrins de verdure au pied de falaises avec une eau turquoise. Sublime. Après tout ce temps de ciel gris sans s'exposer, les coups de soleil sont revenus !
Aussitôt le bord de mer quitté, on se croirait en Suisse ou en Savoie. Grandes pentes enherbées où les vaches ont quand même cédé le pas aux hôtels et autres logements ruraux, forêts denses, ruisseaux bien vivants et des dizaines de greniers construits sur un modèle bien différent de ceux de Galice. Ici ce sont des éficices carrés en bois avec un toit en tuiles à 4 pans. Montés sur pilotis avec une pierre plate sur les pieds pour barrer l'accès aux rongeurs et munis d'un bardage qui protège le haut des pieds des (quasi constantes) intempéries.
On est loin, très loin du cliché de l'Espagne aride, sèche. Aujourd'hui, le vent s'est arrêté et les nuages reviennent se blottir entre mer et sommets. Ce type de temps doit constituer le temps géneral local, quand les perturbations ne viennent pas amener de la vraie pluie... Pas de plage aujourd'hui mais une pause internet et courses dans le sympathique village de Cudillero. Le village, tout en pentes, remonte une vallée encaissée depuis son petit port.
Plus que 3 jours de ce régime tranquille avant un petit marathon logistique (cartons, transport, embarquement, avion et le contraire à l'arrivée) qui nous propulsera vers Genève où la famille Roulet nous a promis un bon coup de main pour nous remettre en ordre.
A très bientôt...
15 juin 2009
Dernier coucou de Galice...
... avant de traverser le pont qui nous sépare des asturies.
Nous avons réussi à croiser Bernard et Valeria dans un bar au bord du Camino Frances. Ils roulaient en compagnie de Chantal, une courageuse jeune retraitée de Vaison la Romaine partie seule de chez elle vers Santiago. En entrant dans le bar, j'avais pris la précaution de placer les vélos de manière ultra visible et ça a marché. Nous avons discuté une paire d'heures avant de repartir chacun de notre côté sous une pluie bien établie. Après un peu de mécanique subaquatique sur bris de tendeur de chaine pour Yann (je déconseille définitivement le tendeur singlespeed NC17 : bris du ressort de celui de Fanny et perte d'un circlips pour moi) nous avons pu monter la tente à l'abri sur une scène de fiestas. Pratique!
Le lendemain, départ tardif toujours sous la pluie et nombreuses infidélités au camino frances difficile à suivre à l'envers. C'est probablement pour cela que nous n'avons pas croisé les Wolf qui doivent avoir passé Saint Jacques depuis quelque temps... L'hospitalité ne semble pas partagée par l'ensemble des galiciens et on nous refuse à plusieurs reprises de planter la tente sous une grange ou dans un coin d'herbe (peut être qu'on aurait du demander une chambre, ç'aurait été plus efficace...). De guerre lasse, nous planterons la tente dans un minuscule recoin plat sous des chênes, entre ajoncs et moustiques. Ambiance morose...
Enfin, le jeudi, le ciel a commencé à s'ouvrir. Nous avons recroisé Luigi et Pilar qui remontaient comme nous sur le Camino del Norte avant de nous diriger vers Sobrado dos Monxes sous un soleil enfin établi. La traversée de la Galice par l'intérieur n'est pas de tout repos. Les vallonements sont certes relativement doux, avec des paysages qui rappellent le Pilat qui va flirter avec la Haute Loire du côté de Saint Genest Malifaux, mais les routes ne s'embêtent pas et tracent droit dans la pente... Sous un beau soleil sur des petites routes très tranquilles, ce fut tout de même agréable. Un peu moins quand il a fallu se frotter à la nationale.
Enfin, nous sommes descendus du plateau vers Mondoñedo. Pas de tout repos contre toute attente puisque le camino ne s'est pas contenté de suivre la rivière mais il a surfé jusqu'au bout sur les pentes de la vallée. A l'albergue, où nous avons dormi, nous avons encore une fois croisé Luigi et Pilar.
Dimanche matin, petite bruine au départ de Mondoñedo. Mais bon, pluie du matin n'arrête pas le pélerin alors zou. Après avoir assisté à une procession dans les rues du village, nous nous sommes attaqués plein d'entrain aux deux cols du jour. Finalement, les cols, c'est nettement moins difficile que les successions de petites grimpettes. On se cale sur un rythme et ça monte. Le crachin s'est arrêté et c'est sous un ciel simplement gris que nous avons retrouvé la mer en début d'après midi. Pause plage et roulage tranquille sur un chemin aménagé sur des kilomètres en bord de mer. Magnifique. Nous planterons la tente sur un coin d'herbe rase au bord de la promenade et au dessus d'une belle crique.
Encore un peu de pluie pendant la nuit mais au matin plus rien. Nous n'avons pas pu voir la merveille géologique locale : la Praia dos Catedrais (un mini Etretat en ardoises) pour cause de marée haute. Mais le chemin jusqu'à Ribadeo fut très agréable. Dans quelques minutes, nous fermerons la page Galice et franchirons le pont qui nous sépare des Asturies.
L'aeroport d'Asturias est à 120 km, il nous reste 12 jours. Nous avons le temps de flâner...
Désolé, toujours pas de photos, je n'ai pas la carte sous la main.
On vous embrasse.
08 juin 2009
Santiago de Compostella
Eh oui, nous y sommes arrivés.
Mais d'abord, quelques petites précisions sur le retour au vu des commentaires sur le message précédent. C'est vrai que le terme "rentrer" n'était pas approprié.
La traversée du nord de l'Espagne n'a rien d'une promenade de santé pour des cyclistes normalement chargés (aux dires de pratiquants), le pays basque est plein de vallées à la circulation importante et la traversée du sud-ouest de la France en plein été peut ressembler à une traversée du désert qui nous mènerait au moins jusqu'à la mi-aout. Comme nous ne cherchons pas forcément la galère pour la galère, nous avons préféré opter pour cette solution, certes peu élégante, faute de trouver un bateau par exemple...
Pourquoi Genève? Parce que depuis Oviedo, il n'y a que deux destinations à des prix corrects pour la famille : Rome et Genève. Et comme l'aéroport de Genève est à moitié en France (et en Rhône Alpes)... Il y a des liaisons Santiago-Francfort mais c'est cher et pas simple et on voulait aller voir un peu les Asturies qui sont parait il magnifiques.
Donc après Genève, on ne sait pas encore ce que l'on fera. Probablement un petit tour en France avec plein de coucous (et pas ceux des horloges suisses). Peut être une reconfiguration pour repartir plus longtemps. Ne nous demandez pas, on ne sait pas encore...
Mais revenons à aujourd'hui. Nous sommes donc partis de Cangas très allégés. Un gros carton de 20 kg a pris le chemin de la France sans nous et Antoine a volé de ses propres jambes à défaut d'ailes. Et ça a changé pas mal de choses. Les côtes sont devenues plus faciles (Antoine les avale aussi facilement que les pains au chocolat au petit déjeuner et il nous plante là et poireaute au sommet). Nous avons ainsi dévoré sans sourciller les 35 km loin d'être plats qui nous séparaient de Pontevedra en fin d'après midi (départ à 15H de Cangas).
Le lendemain, gros mauvais temps. Nous avons renoncé à suivre la côte et choisi le Camino Portuguese pour viser Santiago. A Pontevedra, nous avons rencontré Jacky, de Brunstatt (6 km d'Illfurth). Début mars 2008, nous avions vu son départ dans les DNA et l'Alsace et nous le rencontrons ici. Fort! Arrivé à Saint Jacques, il n'était pas rassasié et sillone désormais tous les caminos.
http://jacky68compostelle.over-blog.fr/
Le Camino Portuguese est vraiment très beau avec une multitude de petits hameaux aux maisons de pierre, greniers à céréales et vignes suspendues sur des poteaux de granit, des passages dans des bois frais et odorants et des chemins globalement pas trop difficiles pour notre équipage (il y a quand même eu quelques suées et séquences de poussette mais dans l'ensemble c'était bien).
L'accès aux Albergues est moins évident. Autant il semble évident pour tous les pélerins qu'une famille avec trois enfants en vélo depuis 3 mois soit hébergée par temps de pluie, autant nous ne sommes tellement pas dans les clous avec nos vélos et sans credencial (le document à faire tamponner partout) que le sens de l'hospitalité semble parfois faire défaut aux hospitaliers... Nous avons pu toutefois dormir dans deux d'entre elles, à Briallos et à Padron,mais après une longue attente.
A Padron nous avons rencontré Luigi, un ex millionaire italien qui, à la mort de sa femmes a donné toute sa fortune à Don Bosco et est parti silloner le monde. Première étape Jerusalem. Et depuis 15 ans il marche, accompagné depuis 5 ans de Pilar, une jeune femme débordante de joie. Beau témoignage...
Le 3ème jour, Arthur s'est essayé avec succès au petit vélo et a montré autant d'entrain que son frère a manger les côtes qui faisaient souffrir ses parents! C'est sous des trombes d'eau et au terme d'une côte sévère que nous ommes arrivés hier à Santiago de Compostella. Beaucoup de pélerins dont pas mal à vélo (nous en avons croisé plus hier qu'en 3 mois) et énormément de touristes. C'est encore plus net aujourd'hui avec les éclaircies. Le mélange n'est pas toujours très heureux. Avec notre équipage, nous passons pour les animaux du cirque. Photo par ci, photo par là. Un peu de temps en temps, c'est sympa mais ici, ce n'est pas génial de faire partie de l'attraction touristique que les gens viennent voir. Pas facile de se sentir proche des gens surtout quand à 20 heures on n'a pas trouvé à se loger à moins de 120€ la nuit... Heureusement, Fanny a fini par nous dégoter un hôtel pas cher ou nous pouvons dormir à cinq dans une belle chambre et profiter d'un bon lit sans heure de départ matinale obligée avant de repartir.
La météo Galicienne n'est pas bonne et nous pensons viser directement le nord ouest pour profiter plus des Asturies que tout le monde nous décrit comme fabuleuses avant de quitter l'Espagne. Nous espérons croiser Bernard et Valéria demain ou après demain sur le peu de Camino Frances que nous pensons suivre. Avec un peu de chance, les "velomonde" seront là rapidement aussi, ils ont l'air d'aller très vite! Enfin, nous verrons bien...
Bises à tous.
03 juin 2009
Un tout petit mois...
La nouvelle du jour est que nous savons quand nous allons rentrer. Nous venons de reserver un billet d´avion le 27 juin d´Oviedo a Geneve.
Entre temps, nous allons parcourir tranquillement (enfin, ca ne va pas toujours etre une promenade de santé) la Galice et les Asturies. Nous allons essayer de rouler un peu en compagnie de Bernard et Valeria puis, si notre force nous le permet nous espérons aller voir la montagne plonger de 600 m dans la mer a la Serra de Capelada. Ensuite nous jonglerons entre le vélo et le train en voie étroite qui suit la cote et une voie verte du coté d´Oviedo pourra nous permettre de temporiser si nous y arrivons avant le 27.
Nous allons donc reprendre la route dans quelques heures dans une configuration alourdie qui nous allege!!! Kesako? Irene et Pedro nous pretent un velo a roues de 24 pouces qu´Antoine et Arthur pourront utiliser alternativement. Le poids gagné dans la remorque sera en partie remplacée par l´un des sacs de Fanny afin que tout le monde y gagne. Nous réexpédierons le vélo avant de prendre l´avion.
Un grand merci a Iago qui nous a permis de prendre ce temps de reflexion, un grand merci a Irene et Pedro pour leur accueil fabuleux et des bises pour vous tous.
A bientot.
02 juin 2009
Quelques photos
En complément du message d´hier, voici quelques photos de la fin du Portugal et de Galice.
Les derniers kilometres de Portugal annoncent la Galice, d´ailleurs le pic au fond est la fortaleza de A Garda, en Galice. Autant entre Andalousie et Algarve la différence est nette et les rivalités sont sensibles, autant Galice et nord Portugal entretiennent des liens étroits. D´ailleurs, le galego est nettement plus proche du portugais que de l´espagnol. Les articles, notamment, sont les memes qu´au Portugal. Par exemple "o" signifie "le" alors qu´en espagnol c´est "el". On retrouve aussi les formes contractées "do" pour "du" a la place de "del" ou "no" pour "dans le" a la place de "en el". De meme les "praias" ne sont pas encore redevenues des "playas" et la "rua" n´est pas encore une "calle".
Et c´est parti! En bateau sur le Rio Minho qui marque la frontiere.
Nous voici de l´autre coté, sur la route entre A garda et Baiona
La plage des coquillages a Baiona est non seulement magnifique en soi mais située dans un environnement sublime. Sur la photo de gauche, on voit un grenier a blé. Ils sont omniprésents dans toute la Galice. Notez les pierres plates entre les piliers et le grenier. Ils empechent les rongeurs d´acceder a ce sublime garde manger. On retrouve les memes pierres plates insérées dans les piliers en bois des greniers du Valais en suisse et j´imagine dans pas mal d´autres lieux.
Petit déjeuner devant la maison de pecheurs que Iago a admirablement restaurée pour en faire son bureau. Au fond, on voit des maisons du secteur dont le réhaussement ne s´est pas fait dans le respect du style originel. Domage car les bases sont belles...
01 juin 2009
Nos descansamos en Cangas
Nous nous reposons a Cangas.
Avant tout, attendez vous a avoir un maximum de fautes de frappe dans ce message. Pire que le clavier espagnol, il y a le clavier espagnol PC connecté a un MAC. Donc oubliez accents et autres subtilités. Mais si je peux vous écrire ce message aujourd´hui c´est grace a Iago qui met a notre disposition son bureau pendant une semaine. Nous repartirons probablement avant mais nous pouvons rester tant qu´il n´est pas revenu d´une semaine de travail au Pays Basque. Un énorme merci a lui.
Deuxieme apparté préliminaire. Nous souhaitons un bon anniversaire a Louis et Valentin. Nous avions un PC a disposition le 28 soit le jour meme mais dans l´empressement de l´internet de bibliotheque, nous sommes partis en oubliant le plus important !
Revenons a jeudi dernier. A notre entrée dans Baiona nous avons été interpelés par une jeune femme. C´était une journaliste du Faro de Vigo qui a flashé sur notre équipée sauvage. Quelques minutes d´entretien, une photo et le lendemain, a notre entrée dans Vigo nous avons eu droit a plus de saluts et klaxon amicaux que d´habitude. Des gens disaient "estaban ayer en Baiona". Confirmation quelques minutes plus tard, nous avons eu droit a une demi page avec un contenu d´une fidélité a nos propos que l´on aimerait etre une généralité en journalisme. Felicitations a la journaliste parceque vu l´espagnol dans lequel nous nous sommes exprimés, on aurait pu s´attendre au pire!
Nous avons retrouvé Iago chevauchant son Brompton (le top du velo ultra pliable pour les non initiés, fabriqué au pays de Rolls Royce) a 20h en plein centre de Vigo et nous avons pris part ensemble a la critical mass, un rassemblement de cyclistes urbains pour montrer que le velo est aussi un mode de transport. Et il est clair que, outre le relief, se balader dans Vigo a vélo est loin d´etre aussi facile qu´a Mulhouse ou Strasbourg. Seulement une vingtaine (en comptant les cinqavelo), c´est dire l´ampleur de la mission. Mais une ambiance bon enfant tres sympa et pas d´animosité de la part des automobilistes. Nous avons bifurqué juste avant une grimpette (OUF!!!) pour foncer vers l´embarcadere. A peine la remorque embarquée, le bateau jetait les amarres (ceci dit, il y en a toutes les demi heures).
Iago nous a ouvert les portes de son bureau, une tres ancienne maison de pecheur admirablement renovee dans le style de l´epoque, ce qui n´est pas le cas de la plupart des maisons de Cangas dont la base est toujours belle mais qui se sont vues affubler de réhausses fort disgracieuses. Quand un petit village de pecheurs devient une ville de 15000 habitants, le prix du metre carré pousse vers le haut les constructions... A peine arrivés, Irene et Pedro, des voisins, nous ont proposé de venir boire un verre et ont sorti les jouets de leur fils ainé, Olmo, 4 ans, pour que les enfants jouent ensemble dans l´impasse. C´est l´ambiance de village aux ruelles étroites quasi inaccessibles aux voitures que nous avons trouvé ici, l´ambiance de notre Pierrefeu, celui du haut de la colline. Mais avec tous les services de la ville a proximite immediate.
Irene et Pedro (qui ont notre age, ainsi que Iago) sont partis pour le WE aider des amis a debroussailler un terrain en nous laissant les clefs de leur maison pour utiliser la cuisine, la salle de bains, la machine a laver et meme dormir si nous le souhaitions. Iago est parti le dimanche matin au pays basque pour une semaine de conférences (il est un expert scientifique de la peche, developpeur de logiciels de simulation de peche durable et tres impliqué dans ce secteur) mais d´autres voisins, Tito, un pecheur retraité et son épouse Carmen nous ont invité a une sardinade avec des amis a eux le soir meme. Quel accueil mes amis!
Ce midi (enfin, 15 h, nous sommes en Espagne!), nous avons mangé avec Irene, Olmo et Roque (leur second fils de 6 mois). Pedro travaille dans un lycee a Saint Jacques de Compostelle ou il reste 3 jours par semaine. Comme ils n´ont pas de voiture, il y va en train et bateau (qui a dit qu´il avait tout pour etre un copain a nous? Et la liste de points communs ne s´arrete pas la...). Fanny vient de partir a la plage avec Irene et toute la ribambelle d´enfants. A l´heure espagnole, plus de risque de coups de soleil...
Cet accueil tombe a pic car la Galice n´est pas le bout du monde que sur la carte et dans les noms (Finisterre), elle l´est aussi dans les faits. Il va nous falloir trouver une solution judicieuse pour regagner la France car les obstacles sont devant nous. Le nord de la Galice est tres valloné, c´est un début. Mais derriere se profilent les tres raides monts Cantabriques et leurs sublimes Picos de Europa. Plus au sud, la Meseta peut etre une fournaise en plein mois de juin. Pas avec les enfants donc. Tout au bout, les Pyrénées semblent une formalité, une montée et une descente! Depuis trois jours, internet est donc fortement mobilisé. Parcours et horaires des trains, cartes topographiques detaillees, vias verde... Tout est soigneusement étudié pour tracer, pour la premiere fois du voyage, un parcours sans etape prédéfinies, mais tracé d´avance. Nous étudions meme la possibilité de reconfigurer la charge et de gagner pas mal de poids en expédiant ce qui peut etre supprimé.
Et puis nous aimerions rencontrer, voire faire quelques tours de roues avec Bernard et Valeria, nos hotes du début a Madrid qui viennent poser leurs crampons sur le Camino Frances la semaine prochaine, ainsi qu´avec Corinne et Philippe (velomonde.fr), dont le tour de monde devrait passer par ici dans une dizaine de jours.
Pause bénéfique donc, pause conviviale, et pause studieuse.
Nous vous embrassons fort.
A bientot pour la suite de l´histoire...
28 mai 2009
Galicia bonita!
ça y est. Nous avons dit au revoir au Portugal depuis hier soir.
Les premiers kilomètres après Porto n'étaient pas exceptionnels mais au fur et à mesure de notre remontée vers le nord, les paysages se sont faits de plus en plus sublimes. La montagne s'est affirmée progressivement sur notre droite sans venir perturber outre mesure notre progression, les côtes se sont faites de plus en plus escarpées, les maisons en granit de plus en plus belles et l'influence celte de plus en plus présente avec ses croix, monuments, monolithes. La dernière journée fut superbe sur de petites voies agricoles et pistes cyclables avec un festival de fleurs dans les haies. Pour cela, notre timing est idéal puisque cela fait 3 mois que nous sommes au printemps. Alors qu'en Andalousie tout doit commencer à brûler, nous continuons de voir des oranges mûres, des fleurs printanières et des couleurs pures non écrasées par le soleil.
En arrivant à Caminha, hier soir, nous n'avons pas hésité longtemps entre rester côté Portugal pour la nuit et traverser tout de suite. L'appel de la nouveauté fut le plus fort. Seul impératif : trouver une télé pour que les enfants puissent soutenir Manchester par procuration. Le choix fut le bon puisque dès la sortie de A Guarda, une petite carrière où la végétation avait repris ses droits nous a tendu les bras. Juste en face, un bar super sympa avec Canal + HD sur grand écran! Certes l'issue du match n'a pas contenté Antoine mais l'entrée en Galice s'annonçait bien.
Et depuis ce matin nous sommes sous le charme. On nopus avait dit que la Gallice ressemblait fort à la Bretagne. C'est vrai. Mais en mieux! Comme en Bretagne les couleurs sont pures, la végétation est douce, la mer sent bon, les côtes sont découpées au point que l'on peut choisir un trajet de 2, de 20 ou de 200 km pour aller d'un point à un autre. Mais ce qu'il y a en plus ici, c'est la montagne. Une vraie montagne abrupte, belle qui plonge droit dans les flots. Et c'est tout simplement magnifique. Seul petit bémol : autant les bretons ont respecté l'architecture locale ancestrale, autant les galicéens ont fait un peu n'importe quoi et il n'est pas facile de discerner quel était l'architecture d'origine (j'aurais tendance à dire une maison en pierres avec un toit à deux pans en pente douce et tuiles romaines mais je me trompe peut être complètement).
Après midi plage dans la très belle petite ville ville de Baiona où la Caravelle Pinta a retouché les cotes européennes en revenant d'Amérique (il y a d'ailleurs ici aussi, une réplique mais de la Pinta seule). La plage, au milieu des rochers ne comporte pas de sable mais uniquement des résidus de coquillage et Dieu qu'elle sent bon...
Demain, nous serons accueillis à Cangas par Iago et sa famille. Il vient nous chercher à Vigo à vélo et nous prendrons le ferry (le 8eme si j'ai bien compté) ensemble. Sa connaissance de la Galice nous permettra certainement d'avoir les idées plus claires sur la suite du voyage.
Le transfert des photos est très compliqué sur ce PC et nous n'avons plus de temps disponible donc désolé pour cette fois ci. On se rattrapera plus tard...
Bises à tous.




















