Eh oui, nous y sommes arrivés.

Mais d'abord, quelques petites précisions sur le retour au vu des commentaires sur le message précédent. C'est vrai que le terme "rentrer" n'était pas approprié.

La traversée du nord de l'Espagne n'a rien d'une promenade de santé pour des cyclistes normalement chargés (aux dires de pratiquants), le pays basque est plein de vallées à la circulation importante et la traversée du sud-ouest de la France en plein été peut ressembler à une traversée du désert qui nous mènerait au moins jusqu'à la mi-aout. Comme nous ne cherchons pas forcément la galère pour la galère, nous avons préféré opter pour cette solution, certes peu élégante, faute de trouver un bateau par exemple...

Pourquoi Genève? Parce que depuis Oviedo, il n'y a que deux destinations à des prix corrects pour la famille : Rome et Genève. Et comme l'aéroport de Genève est à moitié en France (et en Rhône Alpes)... Il y a des liaisons Santiago-Francfort mais c'est cher et pas simple et on voulait aller voir un peu les Asturies qui sont parait il magnifiques.

Donc après Genève, on ne sait pas encore ce que l'on fera. Probablement un petit tour en France avec plein de coucous (et pas ceux des horloges suisses). Peut être une reconfiguration pour repartir plus longtemps. Ne nous demandez pas, on ne sait pas encore...

Mais revenons à aujourd'hui. Nous sommes donc partis de Cangas très allégés. Un gros carton de 20 kg a pris le chemin de la France sans nous et Antoine a  volé de ses propres jambes à défaut d'ailes.  Et ça a changé pas mal de choses. Les côtes sont devenues plus faciles (Antoine les avale aussi facilement que les pains au chocolat au petit déjeuner et il nous plante là et poireaute au sommet). Nous avons ainsi dévoré sans sourciller les 35 km loin d'être plats qui nous séparaient de Pontevedra en fin d'après midi (départ à 15H de Cangas).

Le lendemain, gros mauvais temps. Nous avons renoncé à suivre la côte et choisi le Camino Portuguese pour viser Santiago. A Pontevedra, nous avons rencontré Jacky, de Brunstatt (6 km d'Illfurth). Début mars 2008, nous avions vu son départ dans les DNA et l'Alsace et nous le rencontrons ici. Fort! Arrivé à Saint Jacques, il n'était pas rassasié et sillone désormais tous les caminos.

http://jacky68compostelle.over-blog.fr/

Le Camino Portuguese est vraiment très beau avec une multitude de petits hameaux aux maisons de pierre, greniers à céréales et vignes suspendues sur des poteaux de granit, des passages dans des bois frais et odorants et des chemins globalement pas trop difficiles pour notre équipage (il y a quand même eu quelques suées et séquences de poussette mais dans l'ensemble c'était bien).

L'accès aux Albergues est moins évident. Autant il semble évident pour tous les pélerins qu'une famille avec trois enfants en vélo depuis 3 mois soit hébergée par temps de pluie, autant nous ne sommes tellement pas dans les clous avec nos vélos et sans credencial (le document à faire tamponner partout) que le sens de l'hospitalité semble parfois faire défaut aux hospitaliers... Nous avons pu toutefois dormir dans deux d'entre elles, à Briallos et à Padron,mais après une longue attente.

A Padron nous avons rencontré Luigi, un ex millionaire italien qui, à la mort de sa femmes a donné toute sa fortune à Don Bosco et est parti silloner le monde. Première étape Jerusalem. Et depuis 15 ans il marche, accompagné depuis 5 ans de Pilar, une jeune femme débordante de joie. Beau témoignage...

Le 3ème jour, Arthur s'est essayé avec succès au petit vélo et a montré autant d'entrain que son frère a manger les côtes qui faisaient souffrir ses parents! C'est sous des trombes d'eau et au terme d'une côte sévère que nous ommes arrivés hier à Santiago de Compostella. Beaucoup de pélerins dont pas mal à vélo (nous en avons croisé plus hier qu'en 3 mois) et énormément de touristes. C'est encore plus net aujourd'hui avec les éclaircies. Le mélange n'est pas toujours très heureux. Avec notre équipage, nous passons pour les animaux du cirque. Photo par ci, photo par là. Un peu de temps en temps, c'est sympa mais ici, ce n'est pas génial de faire partie de l'attraction touristique que les gens viennent voir. Pas facile de se sentir proche des gens surtout quand à 20 heures on n'a pas trouvé à se loger à moins de 120€ la nuit... Heureusement, Fanny a fini par nous dégoter un hôtel pas cher ou nous pouvons dormir à cinq dans une belle chambre et profiter d'un bon lit sans heure de départ matinale obligée avant de repartir.

La météo Galicienne n'est pas bonne et nous pensons viser directement le nord ouest pour profiter plus des Asturies que tout le monde nous décrit comme fabuleuses avant de quitter l'Espagne. Nous espérons croiser Bernard et Valéria demain ou après demain sur le peu de Camino Frances que nous pensons suivre. Avec un peu de chance, les "velomonde" seront là rapidement aussi, ils ont l'air d'aller très vite! Enfin, nous verrons bien...

Bises à tous.