... avant de traverser le pont qui nous sépare des asturies.

Nous avons réussi à croiser Bernard et Valeria dans un bar au bord du Camino Frances. Ils roulaient en compagnie de Chantal, une courageuse jeune retraitée de Vaison la Romaine partie seule de chez elle vers Santiago. En entrant dans le bar, j'avais pris la précaution de placer les vélos de manière ultra visible et ça a marché. Nous avons discuté une paire d'heures avant de repartir chacun de notre côté sous une pluie bien établie. Après un peu de mécanique subaquatique sur bris de tendeur de chaine pour Yann (je déconseille définitivement le tendeur singlespeed NC17 : bris du ressort de celui de Fanny et perte d'un circlips pour moi) nous avons pu monter la tente à l'abri sur une scène de fiestas. Pratique!

Le lendemain, départ tardif toujours sous la pluie et nombreuses infidélités au camino frances difficile à suivre à l'envers. C'est probablement pour cela que nous n'avons pas croisé les Wolf qui doivent avoir passé Saint Jacques depuis quelque temps... L'hospitalité ne semble pas partagée par l'ensemble des galiciens et on nous refuse à plusieurs reprises de planter la tente sous une grange ou dans un coin d'herbe (peut être qu'on aurait du demander une chambre, ç'aurait été plus efficace...). De guerre lasse, nous planterons la tente dans un minuscule recoin plat sous des chênes, entre ajoncs et moustiques. Ambiance morose...

Enfin, le jeudi, le ciel a commencé à s'ouvrir. Nous avons recroisé Luigi et Pilar qui remontaient comme nous sur le Camino del Norte avant de nous diriger vers Sobrado dos Monxes sous un soleil enfin établi. La traversée de la Galice par l'intérieur n'est pas de tout repos. Les vallonements sont certes relativement doux, avec des paysages qui rappellent le Pilat qui va flirter avec la Haute Loire du côté de Saint Genest Malifaux, mais les routes ne s'embêtent pas et tracent droit dans la pente... Sous un beau soleil sur des petites routes très tranquilles, ce fut tout de même agréable. Un peu moins quand il a fallu se frotter à la nationale.

Enfin, nous sommes descendus du plateau vers Mondoñedo. Pas de tout repos contre toute attente puisque le camino ne s'est pas contenté de suivre la rivière mais il a surfé jusqu'au bout sur les pentes de la vallée. A l'albergue, où nous avons dormi, nous avons encore une fois croisé Luigi et Pilar.

Dimanche matin, petite bruine au départ de Mondoñedo. Mais bon, pluie du matin n'arrête pas le pélerin alors zou. Après avoir assisté à une procession dans les rues du village, nous nous sommes attaqués plein d'entrain aux deux cols du jour. Finalement, les cols, c'est nettement moins difficile que les successions de petites grimpettes. On se cale sur un rythme et ça monte. Le crachin s'est arrêté et c'est sous un ciel simplement gris que nous avons retrouvé la mer en début d'après midi. Pause plage et roulage tranquille sur un chemin aménagé sur des kilomètres en bord de mer. Magnifique. Nous planterons la tente sur un coin d'herbe rase au bord de la promenade et au dessus d'une belle crique.

Encore un peu de pluie pendant la nuit mais au matin plus rien. Nous n'avons pas pu voir la merveille géologique locale : la Praia dos Catedrais (un mini Etretat en ardoises) pour cause de marée haute. Mais le chemin jusqu'à Ribadeo fut très agréable. Dans quelques minutes, nous fermerons la page Galice et franchirons le pont qui nous sépare des Asturies.

L'aeroport d'Asturias est à 120 km, il nous reste 12 jours. Nous avons le temps de flâner...

Désolé, toujours pas de photos, je n'ai pas la carte sous la main.

On vous embrasse.