... espagnol puisqu'il reste quelques kilomètres à parcourir en France ainsi qu'une poignée en Suisse.

Marrant dans le quartier des Eaux Vives à Genève où nous sommes depuis quelques heures, d'entendre parler espagnol!!! La communauté espagnole est importante et à côté de l'aire de jeux du Parc Lagrange, on entendait des "Venga pronto" ou "Cuidado, hay un ninito". Si l'on ajoute que les paysages des Asturies sont presque Suisses, le dépaysement est assez minime. Mais il va falloir quand même se réhabituer à dire "Bonjour", le "Ola, buenas" passe mal...

Les derniers jours dans les Asturies furent un véritable bouquet final. Sergio, le gardien de la bibliothèque depuis laquelle nous avons posté le dernier message est tombé amoureux de notre équipée et a été aux petits soins pour nous. Nous avons pu utiliser internet sans modération, prendre une douche; il a contacté la police locale pour nous trouver un endroit tranquille pour la nuit ; les enfants sont repartis avec une pleine caisse de boissons rafraichissantes et nous avec un CD de son groupe de musique celtique. Quel contraste après tant de refus de simplement planter une tente à proximité des maisons... Sur son conseil, nous sommes allés à San Juan de la Arena pour les fêtes...    ...de la San Juan, évidemment.

En chemin, nous avons croisé Francois, un cyclotouriste de la Rochelle de 73 ans qui rentrait chez lui, après 3500 km parcourus en 35 jours (la moyenne journalière est vite calculée...) sur un vélo bien chargé. Les jambes et la tête ont encore 20 ans. Chapeau.

Le 24 juin, (pourtant jour de la Saint Jean), les animations étaient limitées à San Juan de la Arena. Nous avons tout de même pu assister à des concerts de rue de musique celtique (le nombre de sonneurs de cornemuse ramené au nombre d'habitants est très supérieur, parait il à celui de la Bretagne) ainsi qu'à un concert le soir (le déploiement de la scène mobile a captivé les garcons). La police locale nous a autorisé à planter la tente près du cimetière pour la nuit, mais nous avons quand même eu droit à deux visites de la guardia civil avec contrôle des passeports. Ambiance... Le tourisme est ici une manne et le camping libre est plus ou moins apprécié. Mais avec quelques explications tout se passe bien. Notre situation n'est pas celle de tout le monde non plus.

Mais le vrai bouquet final restait à venir. Depuis Cangas, au moment de prendre notre billet d'avion, nous avions contacté un globe trotter d'Oviedo pour lui demander de l'aide pour la préparation du trajet en avion. Nous ne savions pas qu'Alvaro, un avocat parti pour 10 ans autour du monde avec un spectacle de clown dans ses bagages (http://www.biciclown.com/), était alors en Malaisie. Le contact aurait pu s'arrêter là ; mais non. Juan et Sole, un couple d'amis venus lui rendre visite en Malaisie à ce moment, ont accepté sur le champ de nous accueillir lors de notre passage. Un autre ami, Fran, qui possédait un important magasin de cycles à Oviedo (actuellement tenu par son fils  http://www.telecable.es/personales/ciclosfran/) se chargerait des cartons.

Nous ne savions pas à quoi nous attendre et à notre arrivée, après 60 km d'une route difficile avec de nombreuses côtes, un orage (à noter la brillante performance d'Antoine et Arthur qui se sont succédés au guidon du petit vélo sans faiblir), une fringale, c'est un accueil princier que nous avons reçu. Nous demandions juste une possibilité de planter la tente et de l'aide pour aller à la station de bus. Nous avons été choyés comme des amis de 30 ans. Quand j'ai demandé à Juan s'il ne fermait pas la porte du garage en partant, il m'a répondu : "Aqui las puertas no se cierran, como el corrazon" ou "Ici, les portes restent ouvertes comme le coeur". Et le lendemain, il a refusé de nous conduire à la station de bus. Fran et lui nous ont conduit directement à l'aeroport, distant de 50 km.

Le bouquet final, le meilleur pour la fin... Et un contraste fabuleux : des paysages magnifiques, un temps de cochon, des côtes raides, des gens qui ferment la porte de leur pré, d'autres qui ouvrent en grand celle de leur coeur. Nous avons eu droit à tout celà en Galice et dans les Asturies avec Juan, Sole, Fran, Sergio, Iago, Irene, Pedro, Tito, Luigi, Pilar  mais aussi tous ceux qui nous ont laissés sous la pluie, nous permettant d'apprécier à sa juste valeur le cadeau des autres.

4 mois pour parcourir 2500 km, 2 heures pour en parcourir 1500 de plus. Contraste, encore... Nathalie et Jean-Rémy nous ont accueillis à l'atterrissage. Petites retrouvailles entre cousins... Du bonheur partagé.

Dans quelques jours, nous allons quitter Genève, suivre un peu le Rhône, rencontrer la famille Mercat (voir dans les liens du blog) trop vite croisée avant notre départ, faire la connaissance de Martine, Patrick, Lison et Tom qui vont nous accueillir chez eux, puis rendre visite à nos amis Anne, Frédéric, Soline, Matthieu et Adrien qui nous accueillent à Yenne. Ensuite nous ne savons pas encore. Soit vélo jusqu'à Saint Héand, soit un saut en Alsace pour récupérer notre petit fourgon aménagé. La suite bientôt...

Bises à tous.