J'avais oublié la fin de notre petite balade à Saint Héand. Nous sommes repartis le 13 juillet de Saint Héand à vélo comptant sur un (léger) rafraîchissement des températures. Après une autre étape Marathon (102km et 1000m de D+) pas du tout rafraîchissante in fine dans les gorges de la Loire, nous avons planté notre tente en fin de journée dans un camping très sympa à Brives Charensac (à côté du Puy). Le lendemain, il ne restait comme difficulté que de s'extraire de la cuvette du Puy pour atteindre le plateau qui nous mènerait jusqu'au dessus de la vallée du Chassezac et donc la maison. En une bonne heure nous étions sur le plateau mais nous avions compter sans le vent. Très fort, il nous clouait sur place ou nous forçait à avancer en crabe à 5km/h sur le plat. Comme cette lutte aurait du continuer pendant au moins 50km, nous avons jeté l'éponge et hypothéqué le jour de congé de Fanny (14 juillet) pour qu'elle vienne nous chercher. Une fin un peu avortée pour un voyage que nous n'aurions pas du tout imaginé comme cela...

Deux petites balades au programme en cette fin août mais avec une nouvelle formule : Fanny s'est réapproprié la place arrière du tandem et Sébastien a pris son vol avec le petit vélo bleu, vous savez, celui du début du blog qui n'était finalement pas parti en Espagne. Et ça change tout! Quel bonheur!

Nous avons commencé par un petit parcours d'à peine 24 heures au départ de la maison. Mais avec le transport du matériel et le dodo sous tente, ça avait presque l'air d'un vrai voyage! En tout 50 km : 15 km le premier soir (nous sommes partis à 19H de la maison!!!) avec un dodo dans la vallée du Chassezac, du côté de Chandolas et 35 km le second jour avec une température plus chaude que ne l'avait prévu la météo. Nous avons remonté une jolie vallée jusqu'à Lablachère et avons ensuite béni les arbres qui nous ont offert leur ombre dans la montée sur Payzac. Après une bonne baignade dans la Sûre, Arthur et Sébastien voulaient absolument repartir en milieu d'après midi. La montée des Vans passée, la petite route de retour sur Banne ne fut que plaisir et invitation à repartir au plus tôt.

Et c'est ce que nous avons fait dès la semaine suivante. Nadia et son fils Sofiane, nos voisins du dessus nous ont accompagnés pour un petit périple de trois jours entre Lozère et Ardèche. Nous leur avons prêté nos vélos et avons repris, de notre côté, la même configuration. Trois quarts d'heure de voiture nous ont permis d'atteindre le plateau à la Garde Guérin, un magnifique village médiéval surplombant les gorges du Chassezac. L'ancienne route qui domine les gorges est en faux plat descendant, ce qui a permis une douce mise en jambes. A Prévenchères, nous avons visité l'église avec les explications d'une mamie locale puis nous avons entamé la plus longue montée du parcours qui nous a conduit jusqu'au hameau de Puylaurent.

Une dame très gentille nous a permis de nous installer dans un pré bien plat juste à côté de la chapelle magnifiquement restaurée. Le lendemain, un peu de faux plat montant puis une paisible descente jusqu'à Labastide Puylaurent où nous trouvons encore une belle église ouverte (bravo la Lozère). Une petite montée puis c'est l'abbaye de Notre ame des Neiges qui nous a offert sa verdure et sa chapelle à l'énergie si douce...

Labastide Puylaurent est partagée entre Lozère et Ardèche mais également entre Atlantique et Méditerranée car en plein sur la ligne de partage des eaux. En quittant la vallée de l'Allier, nous avons basculé sur le bassin versant du Chassezac et c'est une longue descente de plus de 20 km qui nous a conduits jusqu'à Pied de Borne. Après midi baignade magique sur des rochers bien blanc. La température ici est beaucoup plus chaude que sur la plateau. Une chapelle dominant le confluent de la Borne et du Chassezac (et la central électrique :( ) nous a offert un peu de plat propice à passer la nuit.

Nous avons profité du matin pour parcourir la vallée du Chassezac, très encaissée et peu ombragée, jusqu'à Gravières où nous avons passé la journée en baignade, attendant des températures plus propices pour remonter sur Banne. Même final que pour la rando précédente et même appel à repartir... Les plus observateurs noteront que la voiture est restée sur le plateau, à la Garde Guérin. Il a donc bien fallu que quelqu'un s'y colle, mais sans les sacoches quand même!

Et pour en rajouter une couche à notre envie de repartir, nous allons rencontrer dans les prochains jour une famille qui vient de s'installer à Banne à la suite d'un périple de un an en France, Italie, Sicile, Tunisie, Sardaigne et Corse. ça nous rappelle vaguement quelque chose. Si ça se reproduit tous les ans, Banne ne sera bientôt plus peuplé que de cyclo-voyageurs...