Nous nous reposons a Cangas.

Avant tout, attendez vous a avoir un maximum de fautes de frappe dans ce message. Pire que le clavier espagnol, il y a le clavier espagnol PC connecté a un MAC. Donc oubliez accents et autres subtilités. Mais si je peux vous écrire ce message aujourd´hui c´est grace a Iago qui met a notre disposition son bureau pendant une semaine. Nous repartirons probablement avant mais nous pouvons rester tant qu´il n´est pas revenu d´une semaine de travail au Pays Basque. Un énorme merci a lui.

Deuxieme apparté préliminaire. Nous souhaitons un bon anniversaire a Louis et Valentin. Nous avions un PC a disposition le 28 soit le jour meme mais dans l´empressement de l´internet de bibliotheque, nous sommes partis en oubliant le plus important !

Revenons a jeudi dernier. A notre entrée dans Baiona nous avons été interpelés par une jeune femme. C´était une journaliste du Faro de Vigo qui a flashé sur notre équipée sauvage. Quelques minutes d´entretien, une photo et le lendemain, a notre entrée dans Vigo nous avons eu droit a plus de saluts et klaxon amicaux que d´habitude. Des gens disaient "estaban ayer en Baiona". Confirmation quelques minutes plus tard, nous avons eu droit a une demi page avec un contenu d´une fidélité a nos propos que l´on aimerait etre une généralité en journalisme. Felicitations a la journaliste parceque vu l´espagnol dans lequel nous nous sommes exprimés, on aurait pu s´attendre au pire!

Nous avons retrouvé Iago chevauchant son Brompton (le top du velo ultra pliable pour les non initiés, fabriqué au pays de Rolls Royce) a 20h en plein centre de Vigo et nous avons pris part ensemble a la critical mass, un rassemblement de cyclistes urbains pour montrer que le velo est aussi un mode de transport. Et il est clair que, outre le relief, se balader dans Vigo a vélo est loin d´etre aussi facile qu´a Mulhouse ou Strasbourg. Seulement une vingtaine (en comptant les cinqavelo), c´est dire l´ampleur de la mission. Mais une ambiance bon enfant tres sympa et pas d´animosité de la part des automobilistes. Nous avons bifurqué juste avant une grimpette (OUF!!!) pour foncer vers l´embarcadere. A peine la remorque embarquée, le bateau jetait les amarres (ceci dit, il y en a toutes les demi heures).

Iago nous a ouvert les portes de son bureau, une tres ancienne maison de pecheur admirablement renovee dans le style de l´epoque, ce qui n´est pas le cas de la plupart des maisons de Cangas dont la base est toujours belle mais qui se sont vues affubler de réhausses fort disgracieuses. Quand un petit village de pecheurs devient une ville de 15000 habitants, le prix du metre carré pousse vers le haut les constructions... A peine arrivés, Irene et Pedro, des voisins, nous ont proposé de venir boire un verre et ont sorti les jouets de leur fils ainé, Olmo, 4 ans, pour que les enfants jouent ensemble dans l´impasse. C´est l´ambiance de village aux ruelles étroites quasi inaccessibles aux voitures que nous avons trouvé ici, l´ambiance de notre Pierrefeu, celui du haut de la colline. Mais avec tous les services de la ville a proximite immediate.

Irene et Pedro (qui ont notre age, ainsi que Iago) sont partis pour le WE aider des amis a debroussailler un terrain en nous laissant les clefs de leur maison pour utiliser la cuisine, la salle de bains, la machine a laver et meme dormir si nous le souhaitions. Iago est parti le dimanche matin au pays basque pour une semaine de conférences (il est un expert scientifique de la peche, developpeur de logiciels de simulation de peche durable et tres impliqué dans ce secteur) mais d´autres voisins, Tito, un pecheur retraité et son épouse Carmen nous ont invité a une sardinade avec des amis a eux le soir meme. Quel accueil mes amis!

Ce midi (enfin, 15 h, nous sommes en Espagne!), nous avons mangé avec Irene, Olmo et Roque (leur second fils de 6 mois). Pedro travaille dans un lycee a Saint Jacques de Compostelle ou il reste 3 jours par semaine. Comme ils n´ont pas de voiture, il y va en train et bateau (qui a dit qu´il avait tout pour etre un copain a nous? Et la liste de points communs ne s´arrete pas la...). Fanny vient de partir a la plage avec Irene et toute la ribambelle d´enfants. A l´heure espagnole, plus de risque de coups de soleil...

Cet accueil tombe a pic car la Galice n´est pas le bout du monde que sur la carte et dans les noms (Finisterre), elle l´est aussi dans les faits. Il va nous falloir trouver une solution judicieuse pour regagner la France car les obstacles sont devant nous. Le nord de la Galice est tres valloné, c´est un début. Mais derriere se profilent les tres raides monts Cantabriques et leurs sublimes Picos de Europa. Plus au sud, la Meseta peut etre une fournaise en plein mois de juin. Pas avec les enfants donc. Tout au bout, les Pyrénées semblent une formalité, une montée et une descente! Depuis trois jours, internet est donc fortement mobilisé. Parcours et horaires des trains, cartes topographiques detaillees, vias verde... Tout est soigneusement étudié pour tracer, pour la premiere fois du voyage, un parcours sans etape prédéfinies, mais tracé d´avance. Nous étudions meme la possibilité de reconfigurer la charge et de gagner pas mal de poids en expédiant ce qui peut etre supprimé.

Et puis nous aimerions rencontrer, voire faire quelques tours de roues avec Bernard et Valeria, nos hotes du début a Madrid qui viennent poser leurs crampons sur le Camino Frances la semaine prochaine, ainsi qu´avec Corinne et Philippe (velomonde.fr), dont le tour de monde devrait passer par ici dans une dizaine de jours.

Pause bénéfique donc, pause conviviale, et pause studieuse.

Nous vous embrassons fort.

A bientot pour la suite de l´histoire...